La chasse à Escoussans et en Benauge autrefois et aujourd’hui


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La chasse à Escoussans et en Benauge autrefois et aujourd’hui 

 

(article de Jacques GAYE dans le livre ESCOUSSANS, ASPECT 2002) 

(ASPECT : Association pour la Sauvegarde du Patrimoine et de l’Environnement du Canton 

de Targon) 

 

 



Le permis de chasser 

 

Le droit de chasse fut acquis en 1789, pendant la période révolutionnaire. Auparavant, il était 



réservé aux seigneurs féodaux. Les sanctions étaient sévères pour les roturiers pris en train de 

chasser : la peine capitale pour ce délit ne disparut qu’en 1669. 

En 1633, il existait, à Escoussans, un lieu-dit appelé « le Fauconey ». À l’époque féodale, la 

chasse  au  vol  pratiquée  avec  des  faucons  dressés  devait  nécessiter  de  nombreux  élevages. 

Nous trouvons aussi un lieu-dit d’Arbis (la commune voisine) portant le même nom. Ce lieu 

d’Arbis se trouve au pied du château de Benauge.  

Un  document  de  1790,  trouvé  dans  les  archives  de  la  famille  Belliard,  fait  état  du  droit  de 

chasse. Un avis devait être affiché sur la porte de l’église d’Escoussans ; il y était précisé que 

la chasse ne débutait qu’après les vendanges et que, jusque là, il ne fallait pas « laisser vaguer 

les chiens » ; ces derniers étaient accusés de manger les raisins. 

La loi du 3 mai 1844 

(1)


 instaura l’obligation de posséder un permis de chasser pour capturer 

du gibier. Ce texte réglementaire mentionnait qu’on pouvait chasser sur la propriété d’autrui à 

condition d’avoir le consentement du propriétaire. En 1847, le prix du permis de chasser était 

de 25 francs (15 pour l’Etat et 10 pour la commune). Sur ce papier administratif, valable pour 

un an, on trouvait un signalement du chasseur : âge ; taille ; description des cheveux, du front, 

des sourcils, des yeux, du nez, de la bouche, de la barbe, du menton, du visage, du teint ; plus 

des signes particuliers éventuels. Les archives de la famille Vimeney nous ont livré toute une 

série de permis de chasser ayant appartenu à Bernard Chiron, à la fin du XIX

e

 siècle. 



En  1850,  pour  155 000  détenteurs  de  permis  officiels,  on  estimait  à  450 000  le  nombre  de 

chasseurs  qui,  en  France,  pratiquaient  sans  autorisation.  Au  XIX

e

  siècle,  dans  le  canton  de 



Targon, le gendarme Chagnel traquait le braconnier. 

 

 



Le fusil de chasse 

 

Autrefois,  on  chassait  avec  des  fusils  à  piston ;  il  fallait  introduire  la  charge  par  le  bout  du 



canon, bien tasser avec un morceau de journal,  et  attendre que le coup parte. À Escoussans, 

dans  les  années  1900,  le  forgeron  Louis  Déjean  réparait  les  fusils.  De  cette  époque,  René 

Lafon  possède  un  exemplaire :  un  calibre  20  avec  chien  fonctionnant  avec  des  cartouches  à 

broche. Puis, de nouveaux fusils sont apparus : « simplex » 

(22)

, « juxtaposé » 



(23)

. Il y a une 

quarantaine d’années, la plupart des chasseurs (« cassayres » 

(24)


)  fabriquaient  leurs  propres 

cartouches.  Raymond  Millet  possède  encore  tout  le  matériel  pour  cela.  Autrefois,  on 

économisait les coups de fusil en tirant les oiseaux au posé. Le soir, à l’entrée de la nuit, dans 

les sous-bois,  on allait  « à la jouque » 

(25)

 ;  on utilisait alors comme cartouches  des  « demi-



charges »  pour ne pas  « escagasser » 

(26)


 le gibier. Et,  quand, dans  les bois,  on entendait un 

doublet, c’est qu’un chasseur avait levé une bécasse d’une « remise » 

(27).

 

 



 

Les chasseurs à Escoussans 

 

De tout temps, la chasse a toujours été un loisir pratiqué par de nombreux Escoussannais (45 



en 2001), sauf pendant la guerre de 1939-1945. Pendant l’occupation allemande, les fusils de 

chasse  ont  été  réquisitionnés.  Mais  certains  chasseurs  les  ont  caché :  dans  une  cressonnière, 

dans  une  prairie,  …  Cependant,  les  lapins  et  les  lièvres  étaient  attrapés  avec  des  collets. 

Albertine Martin piégeait ainsi les lièvres, dans les pièces de vigne. 



Actuellement, l’âge moyen des chasseurs est assez élevé.  Les « anciens » ont vu évoluer ou 

disparaître certaines chasses traditionnelles. 

 

 

Les collets 



 

Autrefois,  les  collets  étaient  appelés  « lacets ».  On  utilisait  un  fil  de  laiton  pour  capturer  un 

lapin  et  un  câble  de  frein  de  bicyclette  pour  piéger  un  renard.  Le  collet  pour  attraper  des 

grives ou des alouettes était appelé « sedale » ou « sedot » 

(2)

 ; il était fabriqué avec du crin de 



cheval (le crin de jument étant trop fragile car elle urine dessus). Dans les arbres, on utilisait 

un  piège  à  petits  oiseaux  appelé  « escassette » 

(3)

 :  un  collet  suspendu  à  un  arc  en  bois 



flexible. 

 

 



La chasse à la tourterelle 

 

Au mois de mai, on a chassé, il y a une quarantaine d’années, les tourterelles des bois pendant 



leur  migration.  Sur  une  butte,  au  Plantey,  Jean  Gaye  avait  installé  un  pylône  pour  tirer  ces 

oiseaux  au  vol.  Actuellement,  on  ne  peut  chasser  la  tourterelle  que  fin  août  ou  début 

septembre. 

 

 



La chasse au rouquet et à la palombe 

 

Les  « rouquets » 



(4)

  étaient  chassés  au  mois  de  septembre.  André  Menguin  avait  sa 

« rouquetière » 

(5)


 entre la Tirentaine et Bel Air ; il lui arrivait même de poser des palombes 

sur  le  sol  fraîchement  labouré.  Alain  Belliard  a  aussi  installé  une  rouquetière  au  lieu-dit 

Pellegrue. Actuellement, on ne trouve plus de « rouquetières » à Escoussans (les « rouquets » 

passent, en octobre, avec les palombes). 

 

La chasse  à la palombe  est  pratiquée en octobre  et  début  novembre, de la Saint-Michel  à la 



Saint-Martin 

(6)


. La migration des oiseaux bleus 

(7)


 est la plus forte autour de la Saint-Luc 

(8)


Dans les années 1950-1960, André Déjean dit Féfé possédait une palombière 

(9)

 dans le bois 



du Hayas où un temps pluvieux était favorable à la pose (les palombes passant « bordelaises » 

(10)


).  Les  « mécaniques » 

(11)


  des  « appeaux » 

(12)


  étaient  fabriquées  dans  son  atelier  de 

forgeron-mécanicien.  Jean  Gaye  montait  aux  pins  à  la  force  des  bras  pour  éclaircir  les 

« capits » 

(13)


 et pour installer les barres des appeaux. À la mi-journée, Mathilde, la femme de 

Féfé, apportait le repas aux chasseurs. Pendant que les paloumayres 

(14)

 se restauraient, elle se 



« mettait  aux  ficelles » 

(15)


.  À  la  même  époque,  André  Menguin  a  chassé  la  palombe  au 

Hayas ;  le  couloir  de  migration  automnale  des  palombes  qu’il  avait  tracé,  en  1950,  sur  une 

carte de la région, est rigoureusement identique au couloir observé aujourd’hui. 

Actuellement,  à  Escoussans,  deux  palombières  perpétuent  la  tradition :  nous  trouvons  un 

« jouquet » 

(16)


  au  bois  de  la  Lanne  (celui  de  Franck  David)  et  un  autre  au  bois  du  Hayas 

(celui de Jacky Gaye). 

 

À quelle époque pouvons-nous faire remonter la tradition de la chasse à la palombe ?  



Dans un registre du notaire Frapier, d’Escoussans, en 1498, il est fait mention d’un bail pour 

une  « fenestre  à  oiseau ».  Nous  pensons  qu’il  ne  devait  pas  s’agir  d’un  affût  mais  d’une 

clairière. 

La loi du 3 mai 1844 précise que seront punis d’une amende « ceux qui auront chassé avec 

appeaux, appelants ou chanterelles ». Donc, autour de 1850, il n’y avait certainement pas de 

palombières dans notre région. 

Nous pouvons penser que la chasse à la palombe a débuté dans les premières années du XX

e

 



siècle. Dans son livre, « La Palombe dans le Bazadais », publié en 1907, Tristan Audebert II 

écrit : « Et maintenant, la chasse à la palombe a enjambé la Garonne : elle est en Benauge, elle 

est en Périgord. »  

 

 

La chasse aux grives 



 

Il y a quelques années, on prenait plaisir à chasser les grives entre les « règes » 

(17)

 de vigne, 



juste  après  les  vendanges.  Les  grives  « se  hartaient » 

(18)


  de  baies  de  raisins  et  semblaient 

saoules car elles avaient du mal à s’envoler. Les brochettes de grives de vendanges étaient un 

régal à table ; pour accompagner ce plat, on servait un vin blanc liquoreux de la Benauge. On 

allait aussi chasser les grives sous les alisiers de certains bois ; René Lafon pratique encore ce 

mode  de  chasse.  Au  mois  de  mars,  on  pouvait  chasser  les  grives  dans  les  boules  de  lierre. 

Mais, à cette époque-là, la chair était assez amère. 

La grive mauvis était appelée « grive espagnole », la grive musicienne « grive française ». 

Un bon chasseur de grives doit être un bon « chioulayre » 

(19)



Dans  les  années  1960,  Albertine  Martin  vendait  des  grives  au  marché  de  Cadillac ;  cela 



permettait de payer le permis de chasser de son mari, Joseph. 

Actuellement,  en  automne,  on  assiste  à  une  diminution  de  la  population  des  grives 

migratrices.  Le tir au vol depuis des pylônes et le tir au vol  à la  passée (le matin et le soir), 

abondamment  pratiqués  depuis  une  vingtaine  d’années,  est  peut-être  une  des  causes  de  ce 

phénomène. Certains chasseurs d’Escoussans pensent que les grives n’aiment pas manger des 

baies  de  raisins  rouges  (en  forte  majorité  dans  l’Entre-deux-Mers) ;  elles  préfèrent  les  baies 

blanches. 

 

 



La chasse aux alouettes 

 

Les alouettes sont encore chassées au filet ou « pante » 



(20)

, à Landier (par Raymond Millet) 

et  à  Londre  (par  Yvon  Faugère).  Là  aussi,  un  chasseur  d’alouettes  appelé  « pantayre » 

(21)


doit  être  un  bon  « chioulayre ».  Mais,  de  saison  en  saison,  on  en  voit  passer  de  moins  en 

moins. Les « pantayres » sont de véritables passionnés à l’heure actuelle car la réglementation 

a imposé des quotas de prélèvements et l’interdiction d’utiliser un fusil. 

 

 

La chasse au lièvre 



 

Quand on pratiquait jadis la chasse au lièvre, on attendait souvent l’animal toujours au même 

endroit : à la Tuilerie (à côté de Pasquet) ou à la sortie du bois de Restey. Jean Carrier nous a 

raconté que, dans ce bois,  des  chasseurs  avaient  planté une herbe spéciale, la  « perpèt » 

(28)

 

qui  faisait  perdre  les  chiens  courants.  À  Escoussans,  Jean  Chalit  était  un  grand  chasseur  de 



lièvres. 

 

 



La chasse aux sangliers et aux chevreuils 

 

Les sangliers et les chevreuils n’étaient pas chassés il y a une cinquantaine d’années car il y 



en  avait  très  peu  ou  pas  du  tout.  Actuellement,  les  populations  de  ces  deux  gibiers  sont 

relativement abondantes. 

 

 

La chasse au loup 



 

Dans  notre  région,  à  Arbis,  le  dernier  loup  a  été  tué  en  1914,  près  du  château  de  Benauge ; 

l’endroit s’appelle, depuis, « le Pas de la Louve ». 

 


 

 

 



La chasse aux renards 

 

En Benauge, la chasse aux renards a toujours été pratiquée. Le renard est considéré comme un 



animal  « nuisible » :  il  est  prédateur  d’autres  gibiers  et  il  s’attaque  à  la  volaille  des  fermes. 

C’est  pour  cette  raison  que  des  battues  sont  organisées,  chaque  année,  généralement  au 

printemps. Dans notre région, les renards se cachent dans les trous des « clottes » 

(29). 


À Escoussans, avant la guerre de 39-45, le curé de Gabory qui était un grand chasseur, a, le 

premier,  organisé  des  battues  aux  renards.  Parfois,  il  se  désolait  quand  les  parties  de  chasse 

avaient lieu pendant la messe du dimanche matin. 

Autrefois, le renard capturé par les chasseurs était ensuite montré, de maison en maison, par 

un homme ou un groupe d’enfants qui recevaient alors soit de l’argent, soit des œufs, soit de 

la  farine,  …  En  principe,  l’association  de  chasse  de  la  commune  donnait  le  renard  à  une 

personne de la région vivant un  peu dans le besoin ou aux enfants les plus nécessiteux pour 

qu’ils « ramassent quatre sous ». On se souvient, à Escoussans, avoir vu M. Billaud promener 

le renard, sur le porte-bagage de sa bicyclette. Quand il arrivait dans une ferme, il disait que 

l’animal avait été tué juste à côté du poulailler et le lieu de la capture changeait au fur et à 

mesure de sa tournée. Les enfants d’Escoussans, autrefois, ont beaucoup promené le renard. 

Avec  ce  qu’on  leur  offrait,  ils  faisaient  des  crêpes ;  ils  baladaient  le  renard  le  samedi,  le 

dimanche  et  le  jeudi ;  mais,  le  troisième  jour,  l’animal  commençait  à  dégager  une  certaine 

odeur. En 1983, l’ACCA d’Escoussans a fait revivre cette tradition, avec quelques enfants. 

 

 

Le gibier d’élevage 



 

Actuellement, avec la monoculture de la vigne, certaines espèces de gibier sédentaire (faisan, 

perdreau, caille) sont absentes ou très rares. Chaque année, avant l’ouverture de la chasse, on 

organise des lâchers de gibiers d’élevage. 

 

 

Les petits oiseaux 



 

Les passereaux que l’on apercevait au mois d’août étaient appelés « dalèts » 

(30)

. René Lafon 



nous  a  dit  que  le  « dalèt »,  c’est  le  gobe-mouche  noir  et  le  « batale »,  c’est  le  gobe-mouche 

gris ou « dalèt des Landes » ; l’ortolan fait partie de la famille des bruants. 

Autrefois,  à  Escoussans,  au  lieu-dit  « Chanteloiseau »,  on  attrapait  des  « dalèts »  avec  un 

piège rond à souris, au milieu duquel on fixait comme appât une fourmi volante, ou un asticot, 

ou un ver de crèche.  Les  pièges  étaient  installés  sur des branches de  « sanguin » 

(31)


  ou sur 

des mottes de terre placées sur des piquets de clôture de jardin. Il fallait les attacher avec une 

ficelle pour empêcher les  chats  de les emporter.  On pouvait attraper ainsi 40 à 50  « dalèts » 

par matinée. Dans notre région, la capture des petits oiseaux avec un piège constitue un acte 

de  braconnage.  Récemment,  les  gendarmes  de  Targon  ont  pris  sur  le  fait  un  braconnier  qui 

installait des pièges, sur les rives du ruisseau l’Œuille. 

Actuellement, on voit de moins en moins de passereaux à Escoussans. La disparition des haies 

autour des champs et celle des cerisiers dans les pièces de vigne en sont une des causes. 

Jean Carrier, le conteur de la Benauge, nous a raconté  qu’une nièce d’un  curé d’Escoussans 

avait  été  courtisée  par  un  chasseur  d’ortolans.  Ce  dernier  capturait  les  oiseaux  avec  une 

« matole » 

(32)


Dans notre région, les enfants s’amusaient à attraper les petits oiseaux avec une « matole » : 

en hiver quand il faisait froid ou après les vendanges sur un tas de « rape » 

(33)


 

 



 

La convivialité des associations de chasse 

 

En 1999 et en 2000, l’association des chasses traditionnelles de la Benauge a organisé deux 



fêtes de la chasse à Soulignac, au lieu-dit Sas. 

Dans  notre  commune,  l’ACCA 

(34)

  d’Escoussans  maintient  la  tradition  du  banquet  des 



chasseurs où l’on sert du chevreuil ou du sanglier en hiver et des « cagouilles » 

(35)


 en été. 

 

 



Notes 

 

(1) La  loi  de  1844  précisait  que  le  permis  de  chasser  était  réservé  aux  seules  personnes 



inscrites au rôle des contributions, c’est-à-dire possédant quelques ressources. Ce n’est 

qu’avec les lois de 1924 et 1926 que le droit de chasser est reconnu à tout le monde. 

 

(2) Si  le  collet  est  installé  dans  un  arbre,  on  l’appelle  « sedale » ;  par  terre,  c’est  un 



« sedot ». Comme appât, on mettait des baies de raisin, ou bien une fourmi volante, ou 

des graines de blé ou de maïs. 

 

(3) Avec  une  « escassette »  (ou  « escassitte »),  on  attrape  les  oiseaux  pendus  par  les 



pattes. Dans la Haute-Lande, ce piège est appelé « esplangoun ». 

 

(4) « rouquet » : pigeon colombin (Columba oenas



 

(5) Une  « rouquetière » est  une installation de chasse, à même le sol,  pour la chasse aux 

« rouquets », improprement appelés, dans la région, « ramiers ». 

 

(6) Saint-Michel : le 29 septembre ; Saint-Martin : le 11 novembre. 



 

(7) Dans le Sud-Ouest, le pigeon ramier est appelé « palombe » ou « oiseau bleu ». 

 

(8) « A la Sènt-Luc, lou gran truc ». Ce dicton gascon signifie que le jour de la Saint-Luc 



(18 octobre) correspond  statistiquement au plus important passage de palombes de la 

saison. 


 

(9) Dans  l’Entre-deux-Mers,  la  cabane  d’une  palombière,  généralement  en  hauteur,  dans 

un  chêne  ou  sur  des  poteaux,  porte  le  nom  de  « jouquet ».  En  gascon,  le  verbe 

« joucà » signifie percher. 

 

(10) 


Le passage « bordelais » des palombes est un passage d’ouest en est. 

 

(11) 



Système  de  balancier  permettant  de  déséquilibrer  l’appelant  (pigeon  bleu, 

palombe) pour l’obliger à battre des ailes. 

 

(12) 


En  Benauge  (et  même  au  pays  de  François  Mauriac),  l’appelant  est 

improprement  appelé  « appeau ».  En  français,  un  appeau  est  un  sifflet  permettant 

d’imiter le chant d’un oiseau ou le cri d’un animal. 

 

(13) 



Le  « capit »  d’un  pin  est  la  cime  de  l’arbre.  Ce  mot  gascon  vient  de  « cap », 

tête. 


 

(14) 


Le  « paloumayre »  est  le  chasseur  de  palombes.  En  occitan,  on  écrit : 

« palomaire ». 

 

(15) 


C’est  être  au  poste  central  de  la  palombière  où  arrivent  toutes  les  ficelles 

servant à « semérer » (actionner les appeaux). 



 

(16) 


Voir la note (9). 

 

(17) 



Une « rège » de vigne est une rangée de pieds de vigne. 

 

(18) 



« se harter » : se goinfrer, se gaver. 

 

(19) 



Un  « chioulayre »  est  un  siffleur  de  grives  ou  d’alouettes.  Le  mot  vient  de 

« chioulèt », sifflet. 

 

(20 et 21) Un « pantayre » est un chasseur d’alouettes au filet horizontal ou « pante ». 



 

(22) Simplex : fusil populaire mono-canon de la Manufacture d’Armes de Saint-Etienne. 

 

(23)  Un  « juxtaposé »  désigne  un  fusil  dont  les  deux  canons  sont  accolés  sur  un  plan 



horizontal. Sur un plan vertical, on parle de « superposé. 

 

(24)  En  gascon,  un  « cassayre »  est  un  chasseur.  Quand  on  dit  de  quelqu’un  « C’est  un 



chasseur. », on porte un jugement positif. L’expression « petit chasseur » est péjorative. 

 

(25) Chasser  « à la jouque », c’est  chasser les oiseaux perchés quand  ces derniers cherchent 



un  endroit,  dans  un  sous-bois,  pour  passer  la  nuit.  L’expression  vient  du  verbe  « joucà », 

percher. 

 

(26) « escagasser » : expression locale ou bordelaise signifiant abîmer, esquinter. 



 

(27) « remise » : endroit d’un sous-bois qu’affectionnent les bécasses. 

 

(28) D’après Jean Carrier, la « perpèt » (ou « herbe de la détourne ») est le pourpier sauvage. 



 

(29)  Une  « clotte »  (ou  une  « cahuge »)  est,  dans  l’Entre-deux-Mers,  un  effondrement  de 

terrain  provoqué,  généralement,  par  un  ruisseau  souterrain.  En  géologie,  cela  est  nommé : 

doline. 


 

(30) Le « dalèt » est un insectivore ; le bruant ortolan un granivore. 

 

(31) Le cornouiller est appelé « sanguin » car son bois est rouge. 



 

(32) Une « matole » est une sorte de trappe faite avec des baguettes de bois ou du grillage. Un 

trébuchet permet de capturer vivants les oiseaux. 

 

(33)  La  « rape »  est  la  grappe  de  raisin  après  pressurage  (raisin  blanc)  ou  fermentation  et 



macération (raisin rouge). 

 

(34) ACCA : Association de Chasse Communale Agréée (loi Verdeille du 10 juillet 1964) 



 

(35) Dans le Bordelais et dans les Charentes, la « cagouille » désigne l’escargot, le petit gris. 

Les meilleurs se savourent dans une sauce de chair à saucisse, mie de pain, tomates fraîches. 

 

 



L’auteur  de  l’article  ci-dessus  tient  à  remercier  pour  leur  témoignage  les  chasseurs 

escoussannais  suivants :  Alain  Belliard,  Jeannot  Bertin,  Christian  Descorps,  Marcel 

Despujols,  Jean-Claude  François,  Jean  Gaye,  René  Lafon,  Raymond  Millet,  Jean-Michel 

Riot, Patrick Vimeney. 

 


 

 

 



 

BIBLIOGRAPHIE 

 



  ARNAUDIN  Félix.  Dictionnaire  de  la  Grande-Lande.  2  tomes.  Edition  établie  par 



Jacques  Boisgontier.  Parc  Naturel  Régional  des  Landes  de  Gascogne.  Editions 

confluences. 2001. 

 



  AUCANTE Marieke et Pierre. Le livre du braconnier. Ed. Albin Michel. 1989. 



 

  AUDEBERT  Tristan  II.  La  chasse  à  la  palombe  dans  le  Bazadais.  Ed.  Féret  et  fils. 



1907. 

 



  BOISGONTIER  Jacques.  Dictionnaire  du  français  régional  des  Pays  Aquitains.  Ed. 

Bonneton. 1991. 

 



  BOUCAU Jean-René. La mobilisation des chasseurs en Aquitaine : 1989-1995. Thèse 



de doctorat de l’Université de Bordeaux II. 1997. 

 



  BOULANGÉ  Raymond  (abbé).  Les  seigneurs  de  Benauges,  des  origines  à  la 

Révolution. Studio d’Art à Lyon. 1954. 

 



  CARRIER  Jean.  Les  Contes  Vrais  de  l’Entre-deux-Mers  et  de  la  Benauge.  Les 

Editions du CLEM. 2001. 

 



  DOUMENQ  Michel.  Les  associations  communales  de  chasse  agréées.  Comité 



national d’information Chasse Nature. 1981. 

 



  GAYE Jacques. Le parler du paloumayre des Benauges. Article dans la monographie 

sur la commune de Bellebat. ASPECT. 1998. 

 



  MOUTHON  Fabrice.  La  société  rurale  en  Benauges  autour  de  1500.  Article  de 



l’ouvrage collectif Benauges essai historique. ASPECT. 1999. 

 



  PALAY Simin. Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes. CNRS. 1974. 

 



  SUIRE Guy. Le grand fagnas / petit précis du parler girondin. Ed. Mollat. 2000. 

 



  VERDET Pierre. Chasses et Traditions. Ed. Deucalion. 1994. 

 

 



 

 

 



 

 

 

 



 

 

Une course poursuite à Escoussans, en 1911. 

 

(article de René LAFON dans le livre ESCOUSSANS, ASPECT 2002) 

 

 



En ce dimanche de septembre 1911, Gabriel Lafon, 21 ans, décide d’aller visiter sa vigne au-

dessus  de  la  Croix  de  Miaille.  Comme  il  fait  un  peu  humide,  il  chausse  ses  sabots  vernis, 

« ceux du dimanche » et, ainsi que tout chasseur qui se respecte, emporte son fusil. Car « on 

ne sait jamais ». 

Devant  partir  sous  peu  au  Service  Militaire,  il  s’est  naturellement  dispensé  de  prendre  le 

permis de chasser. 

Planté  sur  l’allée,  il  regarde  la  vigne.  Soudain,  à  une  cinquantaine  de  mètres  sur  sa  droite, 

qu’aperçoit-il ?  Un  chapeau  de  gendarme  qui  s’approche  doucement.  Coup  d’œil  à  gauche, 

même tableau. 

Il faut savoir qu’à cette époque, pour pouvoir verbaliser, le gendarme doit poser la main sur 

l’épaule du contrevenant en lui disant : « Vous êtes pris ! » 

Réaction  immédiate  de  Gabriel :  Pris  en  tenaille,  il  largue  les  sabots  et  part  au  sprint,  droit 

devant lui. Coup d’œil en arrière : Ils sprintent eux aussi. 

Gabriel galope jusqu’à la Croix de Miaille, se retourne. Les gendarmes  galopent aussi, mais 

perdent du terrain. Crochet à gauche et le chasseur dévale le grand coteau qui descend jusqu’à 

l’Euille, au fond de Talusson. Pas de pont, mais il connaît l’endroit où le ruisseau se rétrécit. 

D’un  bond,  il  le  franchit  et  débouche  dans  la  commune  d’Arbis,  sur  le  plateau  du  Mayne. 

C’est  un très  grand  champ  en partie recouvert de  genêts et  de buissons.  Un peu paniqué, il 

fourre son fusil au cœur d’un gros buisson et repart de plus belle. 

Direction  le  petit  mamelon  du  Pic  où  il  reprend  haleine.  De  là,  il  scrute  les  environs  et 

constate que ses poursuivants sont battus et qu’ils ont abandonné la course. Avec précaution, 

toutefois, il prend le chemin du retour. 

Le soir, il refait le parcours en sens inverse, récupère son fusil. Mais les beaux sabots vernis 

ont disparu. Il vaut mieux ne pas aller se plaindre à la gendarmerie… 

Quelques jours après, travaillant sous son hangar, à proximité de l’épicerie-débit de tabac, il 

revoit les deux compères, à nouveau en patrouille, qui s’arrêtent au magasin. 

Après leur départ, l’épicière, Mme Boyé, vient le prévenir :  « Méfie-toi ! Ils t’ont reconnu ! 

Ils m’ont dit : Il y a, dans le coin, un certain Lafon. Il court bien ! Mais nous l’attraperons. » 

Gabriel lui répond : « Ils ne m’attraperont pas. J’ai reçu ma convocation. Dans quinze jours, je 

dois rejoindre le 12

ème

 Bataillon de Chasseurs Alpins, à Grenoble, et d’ici là, je ne toucherai 



pas à mon fusil de chasse. » 

Au  service  militaire,  s’enchaîna  la  guerre  de  14-18,  et  quand  il  revint,  en  janvier  1919,  en 

pleine forme, malgré les cicatrices d’une balle de Mauser, cette aventure avec les gendarmes 

le faisait rire : il en avait vu d’autres ! 

 

 

 



 

 

 



 

 

 



 

 


Histoires racontées par le conteur Jean Carrier

 

 



(collectées par Jacques Gaye, en 2002

 

 



Petite histoire de la Benauge Vieille au début du XX

e

 siècle : une histoire de chasse. 

 

À  Ladaux,  au  village  de  La  Hargue,  vivait  un  paysan  qui  aimait  manger  de  bonnes  choses. 



Aussi,  il chassait  le lapin de garenne qui  sent  bon le thym,  le serpolet  ou le genièvre. Mais, 

pour qu’il soit super bon, il faut l’attraper au collet (« sedon ») et non le tuer au fusil car les 

plombs  perforent  le  ventre  et  s’il  n’est  pas  vidé  rapidement,  le  goût  n’est  pas  très  heureux. 

Tandis qu’étouffé au « sedon », l’animal est intact, mais voilà : c’est défendu… et le gourmet 

chasseur  est  considéré  comme  un  vilain  braconnier.  Aussi,  M.  Balèze  fut  surpris  par  les 

gendarmes à pieds. Il les vit assez tôt pour se cacher dans un fourré ; il laissa ses engins dans 

un tas de sarments de vigne  et,  par une  porte dérobée, entra chez lui et  se camoufla dans  la 

pendule comtoise. 

Le gendarme Chagnel qui l’avait reconnu, arriva à sa maison peu de temps après. Il demanda 

à la dame : « Au nom de la loi, où est votre mari ? » Comme elle ne répondait pas, il aperçut 

le bout des pieds du chasseur sous la pendule qui était ajourée. Il ouvrit la porte du balancier 

et  dit :  « Que  faites-vous  ici ? »  Et,  Balèze  qui  était  un  peu  bègue,  répondit :  « Je-je-je  me 

promène. Je-je-je ne chasse que les ar…araignées, dans la pendule. » L’homme de loi ne put 

verbaliser. 

Voyez comme on peut toujours se promener en Entre-deux-Mers, en pays de Benauge ! 

 

 



Histoire d'herbe : la « perpèt » 

 

Les  archives  du  greffier  du  tribunal  de  Targon,  vers  1905,  mentionnaient  que  M.  Chalit 



d'Escoussans et M. Miaille d'Arbis avaient déposé une plainte contre M. Marsat qui demeurait 

à  Escoussans,  au  lieu-dit  Bastian,  et  M.  Léglise  qui  habitait  aussi  à  Escoussans,  au  lieu-dit 

Restey, car ces derniers avaient planté une herbe appelée « la perpèt », sur les entrées du Bois 

de Restey, à Escoussans. Ceci dans le but de faire perdre les chiens courants, lors de la chasse 

du  lièvre.  Le  carrefour  de  Restey  était  réputé  pour  le  passage  des  lièvres.  Le  lieu-dit 

« Restey »  (comme  « Rétis »  à  Hostens)  désignait,  autrefois,  l'endroit  où  s'arrêtaient  les 

troupeaux pour boire. 

L'arrière grand-mère de Raymond Jaubert, Lampriote Joffre, qui habitait à Soulignac, au lieu-

dit « Landonnet », racontait aussi une histoire d'herbe qui, dans le Bois du Hayas (à cheval sur 

les communes de Soulignac et d'Escoussans) (là où se trouve la palombière de Jacques Gaye), 

faisait perdre les personnes ayant l'intention d'attaquer le château de Benauge. Elle disait, en 

patois : « Bay pas aou Hayas : y a de l'hèrbe quey perde lès gèns ! » (Ne vas pas au Hayas : il 

y a de l'herbe qui fait perdre les gens!) 

 

 



Le curé d'Escoussans 

 

Un vieux curé avait recueilli une nièce. Il l'élevait très pudiquement. Tous les deux, ils allaient 



souvent  se  promener  au  bord  de  l'Œuille,  vers  Balaurin  ou  Talusson,  où  il  y  avait  de 

nombreuses haies. Lorsque la jeune fille voulait s'isoler pour un besoin pressant, le curé jetait 

quelques cailloux dans la haie. Si des oiseaux s'en échappaient, elle pouvait aller derrière : il 

n'y avait personne. La jeune fille était jolie et les prétendants ne manquaient pas. Bien sûr, elle 

ne pensait pas avoir de « joualles » (*) de vigne et de blé en dot. Mais elle était belle. 

(*) Une « joualle » est une pièce de vigne avec des rangs très espacés, au milieu desquels on 

cultive des légumes ou des plantes fourragères. 


Alors, le fils d'un artisan en était  amoureux et c'était réciproque. Ils se voyaient en cachette, 

derrière l'église, au travers des barrières, en allant chercher de l'eau à la fontaine. Or, un jour, 

ils décidèrent de se rapprocher un peu plus.  

Le garçon qui avait l'habitude de chasser les oiseaux avec des « matoles à 4, chiffre », mit une 

demi-douzaine d'oiseaux dans une cage et ils se donnèrent  rendez-vous vers Boussier où les 

haies étaient épaisses. À l'endroit choisi, lors d'une promenade, la jeune fille invoqua un pipi 

pressant.  Le  curé  jeta  quelques  cailloux  et  il  vit  des  oiseaux  s'envoler.  Des  oiseaux  qui 

sortaient de la cage du garçon... 

Les  étreintes  furent  longues  et  passionnées.  Les  jeunes  gens  recommencèrent  plusieurs  fois. 

Seulement, au bout de quelques mois, la nièce du curé avait pris de l'embonpoint. Une rumeur 

était arrivée au lavoir, à la forge et chez le perruquier (les  « centres  culturels de l'époque »), 

ainsi  qu'à  la  sortie  de  la  messe.  On  maria  les  jeunes  gens  et  la  nièce  du  curé  eut  deux 

jumelles ; l'une s'appelait Marie et l'autre Madeleine, je crois. 

Le vieux curé les promenait dans un bis-sac, l'une devant son ventre et l'autre derrière son dos. 

Lorsqu'on  lui  demandait :  « Ça  va,  les  petites ?  Elles  sont  sages ? »  Il  répondait :  « Celle  de 

devant,  oui :  je  la  vois ;  celle  de  derrière :  je  n'en  sais  rien.  Vous  savez,  avec  les  filles... » 

Mais, il était très heureux. 

 

 



 

La peur des loups en Benauge 

 

Histoire  racontée  par  René  Lafon  (d'Escoussans) :  Dans  les  années  1930,  dans  le  Bourg 



d'Escoussans, Anna Mercier qui élevait des enfants de l'Assistance Publique (dont Jean Gaye), 

racontait qu'un homme, autrefois, jouait continuellement du tambour pour éloigner les loups. 

Une  nuit,  cet  homme  fut  poursuivi  par  un  loup.  Il  monta  alors  en  haut  d'un  arbre,  en 

abandonnant son tambour par terre. Une branche sèche se cassa et tomba sur le tambour, ce 

qui provoqua la fuite du loup. L'homme eut la vie sauve... 

 

Histoire racontée par Marco de Beaupuy (de Soulignac) : Autour de 1850, Anna Cousseau qui 



demeurait à Soulignac, au lieu-dit Chardavoine ou Chardebène, avait l'habitude de garder ses 

moutons dans le Bois du Hayas. Mais elle avait très peur des loups. Aussi, pour se sentir en 

sécurité, elle montait sur un tas de « bourrées » (*) pour surveiller son troupeau et pour voir 

arriver les loups... 

(*)  Une  « bourrée »  est  un  fagot  fait  avec  les  petites  branches  d'un  arbre  qui  vient  d'être 

abattu. 


 

 

 



La tombe du chasseur de grives 

 

Des  cimetières  parallèles,  des  tombeaux  dans  les  champs,  des  tombes  isolées,  appelez-les 



comme  vous  voulez,  il  en  existe  beaucoup  dans  notre  Entre-deux-Mers.  Je  pense  que  les 

premières  tombes  protestantes  datent  des  Guerres  de  Religion  au  temps  d’Henri  IV,  une 

époque qui a été assez tumultueuse. Ensuite, à la fin du XIX

e

 siècle et au début du XX



e

, les 


spirites se sont faits construire des caveaux. Puis, les paysans, puisqu’il y avait une coutume, 

ont  voulu  se  faire  enterrer  chez  eux.  Les  paysans  qui  sont  très  attachés  à  la  terre  qu’ils 

travaillaient,  voulaient  être  sûrs  d’avoir  une  vraie  concession  à  perpétuité,  pour  ne  pas  être 

déracinés de leurs terres. C’était une assurance et la place a manqué. 

Beaucoup de gens, lorsqu’ils coupaient de gros chênes, faisaient scier le bois en plateaux de 

cinq centimètres d’épaisseur qui étaient refendus une fois secs. Alors, dans chaque famille, ils 

avaient le bois pour faire les cercueils. On en connaît même certains qui avaient fait fabriquer 

les cercueils d’avance. Et, ma foi, quelquefois, ils étaient inutilisables lorsqu’ils voulaient s’en 

servir,  soit  parce  que  le  bois  était  trop  vert,  soit  parce  que  les  « cussons »  (charançons)  les 


avait mangés. Mais la plupart du temps, les cercueils n’étaient faits qu’au dernier moment et 

je connais des personnes qui ont encore du bois en réserve. 

Vous  avez  pu  remarquer  que  toutes  ces  tombes,  dans  l’Entre-deux-Mers,  maintenant  que  la 

nature a repris ses droits, personne ne les touche (on s’en garderait bien…)  

Le personnage qui a fait construire le tombeau de La Boye, à Arbis, il venait à la chasse ici. 

Et, lorsqu’il a pensé à faire creuser sa tombe, il l’a faite construire à l’endroit même où il avait 

passé les meilleurs moments de sa vie, c’est-à-dire pendant les périodes de chasse à la grive, 

au moment des vendanges et juste après. Il avait tout prévu pour les porteurs de son cercueil : 

il avait mis des bouteilles de vin vieux au fond du caveau, de manière à ce qu’ils puissent en 

profiter. Et, ses dernières volontés avaient été d’être enterré debout avec son fusil de chasse.  



 

 

 



 

 



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