Thématique 4 : Les cadres du pouvoir au xiiie siècle. La réaffirmation des autorités publiques, l’exemple des monarchies


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Sana10.06.2019
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Thématique 4 : Les cadres du pouvoir au XIIIe siècle. La réaffirmation des autorités publiques, l’exemple des monarchies




Le Royaume de France, la principale monarchie d’Occident pendant le « siècle de Saint-Louis ».

  • La France s’affirme comme principale puissance grâce aux conquêtes des Capétiens (l’extension de leur domaine royal), au développement de la centralisation administrative et à la récupération de prérogatives royales et des droits inhérents à leur autorité publique.



1. Une extension rapide du domaine royal qui offre de nouvelles perspectives politiques, fiscales et territoriales aux Capétiens



Lors de l’avènement de Philippe Auguste en 1180, les Capétiens ne détiennent un pouvoir réel que sur leur domaine royal, très exigu. Bien que roi de France, leurs pouvoirs restent plutôt symboliques vis-à-vis des comtes et ducs, fortement autonomes.

  • Domaine royal, territoire réellement contrôlé par le Capétien (Ile-de-France, Orléanais, Berry)

  • Il peut s’appuyer sur quelques villes importantes et un réseau d’abbayes (Saint-Denis)

  • Le reste du royaume est concédé en fiefs autonomes aux grands nobles

  • De puissants comtes encadrent le domaine royal et « obligent » le roi à les ménager (= freins à son extension)

  • Les Plantagenêts, rois d’Angleterre, qui contrôlent tout l’Ouest de la France (depuis 1152) mais qui doivent hommage au roi de France.

  • Profondes rivalités entre les deux dynasties, au profit des Plantagenêts, plus puissants, qui mettent sous pression le Capétien

  • Les marges méridionales sont hors de contrôle du Capétien



Le XIIIe siècle se caractérise pour le royaume de France par une succession de « mutations » majeures, dont l’une des principales est la « conquête du royaume », entreprise par Philippe Auguste et consolidée par ses successeurs.



Le XIIIe siècle se caractérise pour le royaume de France par une succession de « mutations » majeures, dont l’une des principales est la « conquête du royaume », entreprise par Philippe Auguste et consolidée par ses successeurs.



Le XIIIe siècle se caractérise pour le royaume de France par une succession de « mutations » majeures, dont l’une des principales est la « conquête du royaume », entreprise par Philippe Auguste et consolidée par ses successeurs.



2. Une intégration de ces nouveaux territoires dans le domaine royal qui se traduit aussi par une affirmation de l’autorité royale et un renforcement progressif de l’État



Les supports de l’affirmation de l’autorité monarchique en France et en Europe

  • Renforcer la figure du roi

        • Les victoires militaires
        • L’hérédité (Philippe Auguste est le dernier roi désigné du vivant du précédent)
        • La sacralisation du pouvoir : cérémonie du sacre et du couronnement
        • Les qualités royales
        • Des symboles du pouvoir (lys, azur, oriflamme rouge)
        • Des lieux de pouvoir
  • S’assurer une réelle maîtrise du territoire et l’application des décisions royales par la mise en œuvre d’une administration centralisée encore embryonnaire

        • La Curia Regis qui perd de son influence
        • L’apparition d’organes spécialisés
        • Le rôle des relais locaux du pouvoir royal


Les supports de l’affirmation de l’autorité monarchique en France et en Europe

  • Se réapproprier des prérogatives royales

        • La justice
        • L’armée
        • La monnaie
        • La loi, le droit et l’écrit : le roi s’affirme comme souverain
  • Mobiliser davantage de ressources

        • Accroître les ressources du domaine royal (« vivre du sien »)
        • Mieux assurer les entrées fiscales et multiplier les impôts (taille, gabelle … jusqu’aux expédients : expulsion et confiscations des biens des Lombards en 1291 puis des juifs en 1306, volonté de confisquer les richesses du Temple)
  • Utiliser les règles du féodalisme

        • Les liens vassaliques


3. Trois rois emblématiques du renforcement de la monarchie et de la construction de l’Etat (centralisation administrative)





Les formes d’autorités publiques et souveraines au XIIIe siècle.



Les principales monarchies féodales qui construisent les bases d’une centralisation du pouvoir : le cas de l’Angleterre

    • Prérogative royale fortement affirmée par Henri II Plantagenêt
      • Rois sacrés
      • Institutions spécialisées à Westminster (le Parlement, l’Echiquier, le Justicier)
      • Sheriffs sont les représentants locaux du pouvoir royal
      • Importantes ressources fiscales (la « Forêt »)
    • Mais un empire Plantagenêt est peu cohérent territorialement
      • S’épuiser militairement et fiscalement à maintenir l’unité de cet « empire plantagenêt ».
      • Prêter hommage au roi de France pour ses possessions continentales (=conflits permanents)


Les principales monarchies féodales qui construisent les bases d’une centralisation du pouvoir : le cas de l’Angleterre

    • Réaffirmation de l’autorité royale, mais contestée (révoltes des barons)
      • Rivalités internes
      • Des rois plus faibles
      • Une centralisation contestée par les grands nobles (Grande Charte en 1215 et la Provision d’Oxford).
    • Politique d’extension dans les îles britanniques menée par Édouard Ier


Les pouvoirs à prétention universelle :

  • La Papauté est devenue une des puissantes monarchies de la Chrétienté au XIIIe siècle, en particulier sous Innocent III

    • Réussite de la centralisation pontificale
    • Affirmation de la souveraineté totale et absolue de la papauté (Théocratie)
    • Renforcement du pouvoir temporel de la papauté pour s’assurer une sphère d’influence en Italie
    • Mais son pouvoir et son autorité sont contestés :
      • Lutte du Sacerdoce et de l’Empire qui s’achève sur une victoire mitigée de la Papauté
      • Conflit entre Philippe le Bel et Boniface VIII suite à la Bulle Unam Sanctam en 1302 (« Attentat d’Anagni » en 1303, déposition du pape).


Les pouvoirs à prétention universelle :

  • L’Empire, à son apogée sous Frédéric II, n’est plus une puissance politique majeure après 1250.

    • Mosaïque d’États, dont seul l’empereur est le garant de la cohésion
      • Couronnement à Rome par le Pape (Römerzug)
      • En principe élection de l’empereur mais les Hohenstauffen ont tenté en vain de constituer une dynastie impériale stable
      • Ne peut compter que sur ses ressources propres.
    • Domination de Frédéric II (Empire et Italie du Sud, Sicile) qui aboutit à une forte centralisation en Italie du Sud mais aussi à une féodalisation accélérée dans l’Empire.
      • Le Statutum in favorem principum (1231)
      • Impossible centralisation dans les terres d’Empire


Les pouvoirs à prétention universelle :

  • L’Empire, à son apogée sous Frédéric II, n’est plus une puissance politique majeure après 1250.

    • Incapacité à affirmer les prérogatives impériales, minées par les forces centrifuges (princes, comtes, évêques dans l’Empire et les communes d’Italie du Nord, papes).
      • Multiplicité des candidats
      • La défaite militaire est un puissant ressort de discrédit et d’affaiblissement du pouvoir impérial (Bouvines)
      • « Rêve italien » devenu un « boulet italien »
    • L’Empire n’est plus une puissance politique majeure après 1250 et le Grand Interrègne


Une monarchie déjà centralisée au XIIIe siècle, la Sicile et l’Italie du Sud.

    • Les héritages de la monarchie normande sicilienne :
    • Centralisation et latinisation renforcées par Frédéric II
      • Renforcer la centralisation du pouvoir par une série de lois (les Assises de Capoue, les Assises de Messine et les Constitutions de Melfi en 1231)
      • Empêcher l’émancipation des communes du Sud de l’Italie
    • Diffusion des pratiques administratives françaises, après la conquête par les Angevins de l’Italie du Sud et la Sicile.
      • Charles d’Anjou investi par le pape Clément IV de la mission de reconquérir le sud de l’Italie et la Sicile en 1266
      • Élimination des derniers Staufen (Manfred à Bénévent 1266, puis Conradin àTagliacozzo 1268)
      • Révolte sicilienne contre la domination française en 1282 (« Vêpres siciliennes ») au profit de Pierre III d’Aragon


Des monarchies guerrières en construction : les royaumes ibériques (Castille, Aragon)

    • Constitution de ces monarchies dans le cadre de la Reconquista
      • Lutte contre les musulmans (Las Navas de Tolosa en 1212)
      • Ils s’appuient sur l’ost féodal et sur les milices urbaines
    • Des monarchies qui exploitent au mieux les logiques féodales, tout en posant les bases d’un renforcement du pouvoir royal :
      • Une « royauté sans sacre »
      • Favoriser l’émergence de communes tout en désignant les conseils urbains.
      • Mise en place de représentants locaux du pouvoir monarchique les corregidores.
      • Œuvre législative majeure d’Alphonse X de Castille (Siete Partidas)
    • Des tentatives d’expansion aragonaise méditerranéenne mitigées


Un point sur les communes

    • Les communes italiennes du Nord et du Centre sont pleinement autonomes et indépendantes
    • A partir de la seconde moitié du XIIIe siècle, certaines communes italiennes constituent des Seigneuries en s’étendant sur leur contado, en constituant un empire colonial
    • Les communes flamandes, allemandes qui doivent négocier leurs libertés avec l’autorité comtale.
    • Les communes française, anglaises, castillanes, d’Italie du Sud sont soumises à la monarchie




Les limites et les contestations des processus de centralisation monarchique.





Proposition de plan sur un sujet sur les cadres des pouvoirs politiques au XIIIe siècle

  • Plan thématique problématisé autour des notions de féodalisation et de centralisation

  • Le système féodal structure et organise les cadres « locaux » du pouvoir dans tout l’Occident chrétien (fragmentation des pouvoirs et féodalisation)

  • Réaffirmation de l’autorité publique et centralisation administrative.

  • Leurs contestations et leurs limites

  • Plan typologique problématisé autour des formes de pouvoirs auxquels sont soumis les hommes du Moyen Age.

  • Les cadres locaux : seigneuries et communes mais uniformisé à l’échelle de la chrétienté

  • L’affirmation des monarchies comme cadre « englobant »

  • Les rivalités multiples entre les pouvoirs (empire, papauté …)



La Grande Charte (1215)

  • Premier texte institutionnel anglais qui ne crée pas un nouveau régime mais renforce la féodalité et limite les prérogatives royales

  • L’article 2 garantit le droit à l’héritage du successeur d’un vassal

  • L’article 12 stipule que le roi ne peut lever de nouveaux impôts qu’avec le consentement du Grand Conseil, constitué des grands vassaux et ecclésiastiques

  • L’article 39 interdit les arrestations arbitraires

  • L’article 61 semble déclarer légitime l’insurrection contre le roi …

  • Vingt-cinq personnes dont 24 barons et le Maire de Londres doivent surveiller le respect des clauses par le roi.



Les Provisions d’Oxford

  • Instituées en 1258 par un groupe de barons dirigés par Simon V de Montfort, 6e comte de Leicester.

  • La Couronne anglaise était forcée de reconnaître les droits et les pouvoirs du Parlement (limite à la centralisation monarchique des pouvoirs)

  • Une confirmation écrite de l'accord fut envoyée aux sheriffs de tous les comtés d'Angleterre.

  • L'utilisation de l'anglais était un symbole de l'anglicisation du gouvernement

  • Elles furent abolies par Henry III en 1262, ce qui marqua le début de la Seconde Guerre des Barons (1263-67), gagnée par le roi.













Sacralisation du pouvoir : cérémonie du sacre et du couronnement

  • Sacralisation du pouvoir : cérémonie du sacre et du couronnement





Mise en œuvre d’une administration centralisée encore embryonnaire

  • Mise en œuvre d’une administration centralisée encore embryonnaire







La souveraineté du roi.

  • La souveraineté du roi.

  • Ce que décide de faire le roi doit être tenu pour la Loi. Assurément le roi est souverain par-dessus tout, en vertu de quoi il peut prendre toutes les mesures qu’il veut pour le bien commun, et ce qu’il établit doit être observé. Assurément, le roi possède en général la garde de toutes les églises du royaume, alors que chaque baron la possède spécialement pour sa baronnie. Mais si le baron renonce à la garde spéciale d’une église, elle vient alors dans la garde spéciale du roi.

  • Philippe de Beaumanoir, Coutumes du Beauvaisis.





Le pouvoir des Capétiens conserve une tonalité éminemment féodale au XIIIe siècle :

  • Le pouvoir des Capétiens conserve une tonalité éminemment féodale au XIIIe siècle :

  • Le roi est un noble, partage les valeurs et les modes de vie aristocratique (primus inter pares) mais il est placé au somment de la hiérarchie vassalique

  • Il utilise les règles de la vassalité à son avantage (cf. 1)





Saint-Louis : un modèle du roi chrétien








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